dimanche 17 juillet 2016

Les guerres des impérialistes alimentent le terrorisme

Dès l’annonce de l'ignoble attentat de Nice, sans même savoir si le tueur fou avait, ou pas, un lien avec Daesh, Hollande a annoncé qu’il entendait «renforcer les actions » de la France en Syrie et « frapper ceux qui nous attaquent dans leur repaire en Irak ». Autrement dit, il allait intensifier la guerre au Moyen-Orient.
Depuis l’intervention américaine en Irak lors de la première guerre du Golfe en 1991, puis de nouveau après le 11 septembre 2001, les guerres sans fin que mènent les grandes puissances au Moyen-Orient, en Afghanistan, en Libye ou au Mali, n’ont fait que plonger ces régions du monde dans la barbarie et le chaos. Elles n'ont pas éradiqué le terrorisme mais l'ont au contraire nourri. Prétendre répondre aux attentats par davantage d’actions militaires et de bombardements aériens est non seulement un leurre mais un crime qui ne fera que plonger davantage l’humanité dans la barbarie.

samedi 16 juillet 2016

L'état d'urgence, inefficace et nuisible

Le premier acte de Hollande après la tuerie de Nice a été de prolonger pour trois mois l'état d'urgence dont il venait d'annoncer la suspension. Ce faisant, il exploite l'émotion et l'inquiétude bien légitimes ressenties par la population.
Mais cet attentat, commis justement en plein état d’urgence, prouve bien l'inefficacité de celui-ci pour empêcher de tels actes fous. Par contre, il permet de limiter l'expression des opposants à la politique de Hollande et facilite les interventions policières abusives. Il entretient un climat de crainte.
Refusons la peur et les divisions que les djihadistes d’une part, le gouvernement et la droite d’autre part, cherchent à instaurer.

Un attentat monstrueux (communiqué)

L’horreur a encore frappé cette nuit à Nice. En lançant son camion sur la foule pour écraser femmes, hommes, enfants, le tueur a voulu faire le plus de morts possible. C’est un acte ignoble et nous exprimons notre émotion et toute notre solidarité aux victimes et à leurs proches.
Pour l’heure l’attentat n’a pas été revendiqué mais, après les attentats de Bruxelles et du Bataclan et tous ceux qui ont eu lieu dernièrement dans le monde, on peut penser qu’il s’agit d’un attentat inspiré par Daech ou un de ses avatars.
Qu’il soit « un loup solitaire » plus ou moins fou ou lié à un réseau terroriste, le tueur a semé la terreur comme les djihadistes le font en Irak, en Syrie, en Turquie ou au Pakistan. Ces « fous de Dieu » utilisent la religion pour se tailler un fief à partir duquel ils pourront, à leur tour, opprimer les populations. Ils sont des ennemis des travailleurs et imposent leur joug d’abord sur les plus pauvres.
Pour masquer son impuissance, Hollande s’est empressé d’annoncer la prolongation de l’état d’urgence alors même que la tuerie de Nice prouve qu’il n’empêche rien. Il a surtout annoncé l’intensification des bombardements en Syrie et Irak.
L’émotion ne doit pas nous rendre complices de la politique de Hollande et de l’État français. Sans même attendre de savoir qui était le tueur fou et quel lien le reliait à Daech, Hollande a annoncé l'intensification des frappes au Moyen-Orient. Parce qu’il y a eu un massacre perpétré par un individu à Nice, des dizaines, des centaines, des milliers d’habitants de ces régions déjà ravagées par la guerre seront frappés. Nous condamnons cette politique qui ajoute la barbarie des bombardements à celle de la dictature des bandes armées que subissent déjà les populations.
À l’horreur des attentats s’ajoutent les propos répugnants de ceux qui cherchent à faire l’amalgame entre terrorisme, islam, immigrés et migrants. À Nice, le terroriste a frappé indistinctement, sans demander ni la religion ni l’origine de ceux qui étaient sur sa route. Quant aux migrants qui fuient aujourd’hui le Moyen-Orient, ils cherchent justement à échapper à la terreur que nous dénonçons ici.
Le terrorisme et le djihadisme sont les fruits pourris du pillage du Moyen-Orient par les grandes puissances et de leurs manœuvres impérialistes. En poursuivant la même politique, les dirigeants français, derrière les États-Unis, ne défendent pas la paix et la sécurité dans le monde. Ils aggravent l’injustice, la misère, la haine et l’obscurantisme, qui forment le terreau du terrorisme.  
C’est pourquoi Lutte ouvrière continuera de condamner le terrorisme et de militer contre la politique impérialiste de la France et les mensonges d’une caste politique qui instrumentalise ces actes odieux pour monter une partie de la population contre une autre.
Nathalie Arthaud, Lutte Ouvrière

vendredi 15 juillet 2016

De l'argent, il y en a dans les caisses du patronat

La presse publie le classement des cinq cents plus grosses fortunes du pays. Il n'y a pas beaucoup de surprise. On y retrouve en tête, la famille Bettencourt avec plus de 31 milliards d'euros, la famille Mulliez qui possède Auchan et de nombreuses autres grandes enseignes avec 26 milliards, ou bien Dassault, le marchand d'armes toujours 5ème. Sa fortune est estimée à 20 milliards d'euros et quelques casseroles : il est accusé d'avoir caché des 10n de millions d'euros au fisc en les plaçant à l'étranger et  n'a pas daigné se présenter devant le tribunal qui le convoquait, se contentant d'un courrier aux juges pour leur dire en substance « c'est pas moi, c'est mon papa ».
Au final, les fortunes de ces gens là augmentent. Elles dépassent les 450 milliards d'euros si l'on ne compte que celles des 500 premiers, soit bien plus que le budget de l’État français d'environ 400 milliards.
Une chose est sûre : les moyens existent pour faire face aux besoins de la population, il faut aller les prendre chez les grands bourgeois.

jeudi 14 juillet 2016

A peine tiré par les cheveux... une bréve LO

Versailles à l’Élysée

La révélation par le Canard enchaîné du salaire du coiffeur de Hollande, près de 10 000 € par mois, fait jaser dans les chaumières. Certes, le perruquier de sa majesté doit être disponible 24 heures sur 24, suivre le président dans tous ses déplacements, sans même parler de son art pour transformer trois malheureux cheveux en coiffure présidentielle. Cela mérite bien une compensation.
Mais après le cireur de pompe d'Aquilino Morelle ou les costards de Macron, l'affaire du barbier de Hollande achève le tableau.
Comment disaient-on le 14 juillet 1789 ? « Ah ça ira, ça ira... à la lanterne on les pendra » !

Maladie de Lyme : vers un nouveau scandale sanitaire ?

Selon des médecins et des chercheurs, la maladie de Lyme, transmise par les tiques et qui peut provoquer paralysie et démence, serait largement sous-diagnostiquée et mal prise en charge par les autorités sanitaires. Ils évoquent une situation « d’urgence » et un scandale sanitaire qui pourrait être comparable à celui du sang contaminé.
Le test actuel produit par le laboratoire Mérieux serait largement inopérant. Les associations de malades réclament elles aussi que cette infection soit mieux prise en compte et que soient mis en place des protocoles plus efficaces appliqués dans certains pays.
Une fois de plus, les laboratoires pharmaceutiques soignent avant tout les profits de leurs actionnaires.

dimanche 10 juillet 2016

Migrants : entre camps de fortune et évacuations. Un article de notre hebdo.

Camps de fortune évacués, migrants entassés dans des conditions indignes derrière des frontières fermées ou trouvant la mort en tentant de les franchir : les réfugiés parvenus à atteindre l’Europe paient cher la politique des gouvernements des pays riches.
À Paris, le camp de fortune installé devant la halle Pajol, dans le 18e arrondissement, a été évacué mercredi 29 juin par la police, presque un an jour pour jour après une autre évacuation, au même endroit. Le 6 juin dernier, un autre campement aux Jardins d’Eole, toujours dans le 18e arrondissement, avait également été évacué. Dans un cas comme dans l’autre, les réfugiés vivaient là dans des conditions déplorables, s’entassant dans des conditions sanitaires tellement précaires que des cas de tuberculose avaient été signalés par Médecins du monde.
La nouvelle de l’évacuation à venir avait fait doubler le nombre de migrants présents sur le site de la halle Pajol, dans l’espoir d’être dirigés eux aussi vers des abris plus corrects. Si les gymnases réquisitionnés et les centres d’hébergement provisoires leur permettent au moins d’être à l’abri de la pluie, ils sont loin d’être une solution satisfaisante. Les migrants qui se regroupent et se soutiennent se retrouvent dispersés et éloignés des centres-villes où ils peuvent effectuer des démarches administratives. L’absence de transports en commun, le manque d’argent pour se déplacer, font que les migrants n’ont souvent pas d’autre choix que de quitter ces hébergements pour revenir en centre-ville, où des campements de fortune indignes se recréent.
Quant au camp de migrants dont la maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé la construction, il ne devrait pas voir le jour avant septembre, le gouvernement ayant déjà annoncé qu’il ne soutenait pas le projet, pas plus qu’il ne l’avait fait pour le camp de Grande-Synthe, dans le Nord, laissant la mairie et les associations humanitaires se débrouiller seules pour le construire et le mettre en route, et ne consentant que du bout des lèvres à en assurer le fonctionnement.
La politique du gouvernement consiste à laisser croupir les réfugiés dans des conditions indignes et à laisser les riverains des quartiers où se créent les bidonvilles se débrouiller de cette situation. Il espère ainsi décourager les dizaines de milliers de personnes prêtes à risquer leur vie pour fuir la guerre et la misère de leurs pays d’origine et essayer de survivre en France et en Europe. Par ailleurs, en barricadant les frontières, il suscite d’autres situations catastrophiques.
Ainsi, à Vintimille, à la frontière italo-française, des centaines de migrants ont manifesté et se sont heurtés à la police dimanche 3 juillet, réclamant de pouvoir passer en France. Avec le retour des beaux jours et la fermeture progressive de tous les passages terrestres en Europe de l’Est, les migrants ont en effet repris la dangereuse route maritime conduisant vers les côtes italiennes. Ceux qui ne perdent pas la vie dans les naufrages, qui se sont multipliés ces dernières semaines, cherchent ensuite à gagner le nord de l’Italie, pour passer en France ou en Autriche. Dans les deux cas, ils se retrouvent coincés à la frontière, où se créent des situations comparables à celle de Calais. À Vintimille, ville italienne de 55 000 habitants, s’entassent aujourd’hui près de 900 migrants, qui ne bénéficient d’aucune structure d’accueil et campent dans les rues et autour d’une église.
La fermeture des frontières, le refus de l’Europe de laisser les réfugiés circuler librement et s’installer sur l’ensemble du continent, vont de pair avec les conditions de vie indignes qui sont faites aux migrants.
Nadia CANTALE