lundi 2 janvier 2017

L’année 2017 qu’ils nous préparent et celle qu’il nous faudrait (éditorial du 2 janvier 2017)

Même les adeptes de la méthode Coué auront du mal à qualifier 2016 de « bonne année » pour l’humanité, qui paye un lourd tribut à l’organisation capitaliste de la société.
Le bilan de l’année passée, c’est d’abord la guerre. Le monde est ravagé par les conflits, de la Syrie au Yémen, de la Libye à l’Irak, de l’Afghanistan à la Birmanie, jusqu’à l’Ukraine et à la Turquie si proches. Oh, ce n’est pas perdu pour tout le monde : en 2016, les ventes d’armes ont battu des records. Pour les marchands de canons français, les guerres sont des aubaines : vente de Rafale à l’Inde, de sous-marins à l’Australie, d’hélicoptères à Singapour et au Koweït, de véhicules blindés, etc.
Presque tous les pays ont augmenté leur budget militaire, à commencer par les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, qui dépensent à eux seuls la moitié du budget militaire mondial. En France même, malgré les jérémiades des hauts gradés, l’armée française est à la noce : elle aura bientôt de nouveaux fusils, des sous-marins et des avions. En 2017, la hausse des ventes de ces engins de mort devrait se poursuivre. Trump ne coupera pas dans le budget de l’armée, et Fillon, Le Pen ou Valls non plus.
Quand ils dépensent plus d’argent pour les armées, nos dirigeants en dépensent moins pour les écoles, les hôpitaux, les services utiles à la population. De plus, ils alimentent aussi les guerres et leurs répercussions, les attentats terroristes.
Des centaines de milliers de migrants fuient ces guerres terribles ou des dictatures féroces, la misère et la faim, au péril de leur vie. Partout en Europe, l’extrême droite, suivie par bien des partis de gouvernement, les a désignés comme les responsables des maux qui accablent les travailleurs. Mais le chômage, les bas salaires, la précarité n’ont pas commencé avec les migrants et n’ont rien à voir avec eux !
Dans ses vœux, Hollande s’est encore vanté de la baisse du chômage. Mais il y a en France un million de chômeurs de plus qu’en 2012 ! Les chiffres officiels traduisent surtout l’augmentation de la précarité. Et chaque famille populaire voit se poursuivre la dégradation que nous connaissons depuis des années.
En réalité, ceux que la crise épargne, ce sont les plus riches. Dans les bilans de l’année, la bonne santé des milliardaires a été soulignée. Ainsi, le patron de LVMH Bernard Arnault a vu sa fortune augmenter de 7 milliards d’euros (+ 22 %). Le patrimoine de ce monsieur permettrait de payer 1,5 million de salariés au smic, cotisations comprises, pendant une année. Ou encore de construire 50 hôpitaux et des centaines d’écoles. Non seulement nos gouvernements ne limitent pas cet enrichissement, mais ils l’alimentent par les cadeaux fiscaux aux entreprises.
La fortune des plus riches se construit avec l’exploitation des travailleurs : les ouvrières du textile au Bangladesh, récemment licenciées par centaines pour avoir fait grève pour une augmentation de leur salaire, fixé à 63 dollars mensuels ; les mineurs du Congo qui, dès l’enfance et au péril de leur vie, vont extraire les métaux rares dont les multinationales de l’électronique ont besoin. Avec aussi l’exploitation des travailleurs ici, comme cette caissière d’un Auchan City de Tourcoing licenciée pour un écart de caisse de 0,85 euro, ou comme cette autre caissière du même supermarché, enceinte, qu’on a obligée à rester à son poste de travail jusqu’à en faire une fausse couche. Ce n’est pas seulement la férocité d’un chef qui est en cause. C’est surtout que derrière, il y a des actionnaires, la famille Mulliez, dont l’enrichissement repose sur l’exploitation sans limite de leurs salariés.
Alors, si on peut faire un vœu pour 2017, c’est que les travailleurs se servent de leur force, de leur rôle indispensable dans l’économie, où ils produisent toutes les richesses. Qu’ils s’en servent pour défendre leurs intérêts, pour mener la lutte de classe. Pour contester l’ordre social capitaliste qui met en péril toute l’humanité.
Et puis, au printemps, nous serons appelés à voter pour l’élection présidentielle. Cela ne changera pas les choses, car quel que soit l’élu, il gouvernera pour les riches. Mais les travailleurs peuvent se servir du bulletin de vote pour se faire entendre. Ils peuvent se servir du bulletin de vote pour dire leur rejet de ce système capitaliste aussi injuste que barbare. Ce sera le sens de la candidature communiste de Nathalie Arthaud.

jeudi 29 décembre 2016

Des attentats que les mesures sécuritaires ne peuvent arrêter (éditorial de nos bulletins)

Il n'aura pas fallu longtemps, après l'attentat de Berlin, pour que nombre de politiciens sautent sur l'aubaine, reprennent leurs refrains habituels et rivalisent de propos réactionnaires.
En Allemagne, l'extrême droite mais aussi des membres de son propre parti s'en sont pris à Angela Merkel en l'accusant d'avoir facilité la venue de terroristes en laissant entrer des réfugiés. En France, le FN mais aussi les politiciens de droite se sont étonnés que l'auteur de l'attentat ait pu prendre le train et passer d'Allemagne en France et en Italie. Ils en profitent pour répéter qu'il faut repousser les réfugiés et clore les frontières. Et tous d'affirmer, gouvernement compris, qu'il faut plus de mesures sécuritaires et encore plus de moyens à la police et à l'armée pour traquer les terroristes. (cliquez pour lire la suite)

dimanche 18 décembre 2016

La destruction d’Alep et la barbarie du monde capitaliste (éditorial )12 décembre 2016

Alep agonise sous les bombes. Depuis plusieurs mois, les habitants de cette ville grande comme Marseille sont pilonnés par l’armée syrienne soutenue par la Russie. « Les rues sont pleines de gens sous les décombres. Ils meurent parce qu’on ne peut pas les sortir de là », expliquent les secouristes. Même les hôpitaux sont pris pour cible, tandis que l’armée reprend rue par rue les quartiers qui lui échappaient encore. (cliquez pour lire la suite)

samedi 17 décembre 2016

Conseil Municipal de Bezons

Mercredi 14 décembre
 a eu lieu un conseil municipal.
voici un compte rendu des interventions que j'y ai faite en tant que conseiller municipal Lutte Ouvrière.
(Les 7 articles suivants)


Communauté d'agglo : Boucles de Seine ou nœud coulant ?

Le Conseil Municipal a commencé par une déclaration préliminaire du Maire pour dénoncer l'attitude de la communauté d'agglomération « Saint Germain boucles de Seine », qui a décidé de ne pas reverser à Bezons, plusieurs Millions d'euros, en compensation de services auxquels l'agglo devrait participer. Ces sommes manqueront pour faire fonctionner les services de la ville et déjà la ville a dû lancer un nouvel emprunt.
On a la vérité des prix. Autant Argenteuil et Bezons étaient des communes semblables par leur population. Dans la nouvelle communauté de communes avec St germain, Le Vésinet, entres autres, ce n’est plus du tout pareil. Les représentants des électeurs aisés des communes riches des Yvelines n'entendent pas payer pour des villes populaires comme Bezons. La communauté de commune est un des autres biais par lequel les classes riches font payer la crise au classes populaires. Rien de très surprenant. 

Chômeurs abandonnés...

Le conseil devait se prononcer sur le Plan Local pour l'Insertion et l'Emploi. Voici ce que j'ai dit : dans le rapport,  les chiffres indiquent que le chômage et la précarité explosent sur la ville. Pour la seule année 2015, le chômage y a augmenté de 7%, bien au-dessus de la moyenne nationale  et le rapport ajoute qu'il « existe un risque de décrochage ».

C'est le rapport lui même qui le dit : la situation est grave.
Et je trouve que l'insécurité principale réside dans la réalité que nous rapporte ces chiffres.

Alors, quelles mesures allons- nous voter?

Eh bien, l'accord prévoit qu'une association aura pour mission de mettre en place un « parcours » pour 1750 personnes soit dans les deux villes moins de 1 chômeurs sur 10. A la suite de ce« parcours » le rapport vise 50% de « sorties positives » (ce sont les mots du rapport) sur 4 ans, soit 1 pour 20 ! et encore que veut vraiment dire « sortie positive ».

Le PLIE ne concerne que ceux qui sont le plus en difficulté, mais à la lecture des données du rapport on se rend compte que c'est le cas de la grande majorité des personnes au chômage, ne serait-ce que parce qu'elles y sont en général depuis un long moment.

Alors, on peut se dire que c'est mieux que rien, et je suis persuadé que les membres de cette association font de leur mieux. Mais on mesure aussi, combien est dérisoire cette action au regard de ce qu'il faudrait. Quel aveu d'impuissance, et la ville n'est qu'un des signataires, il y a surtout l’État qui dit tout de même par-là que rien ne changera pour les chômeurs...


...mais patrons chouchoutés !

Par contre, ceux qui ne participent pas à ce plan, ce sont les employeurs. L’État s'interdit d'exercer la moindre pression sur les entreprises. On se souvient que le simple fait de demander au MEDEF de chiffrer ses promesses d'embauches en échange des aides de l’État, avait suscité un tollé dans leurs rangs. Alors, la seule action contre le chômage que le gouvernement s'autorise c'est de donner toujours plus aux employeurs en espérant comme cela, les inciter à embaucher. Depuis le temps, on peut juger:
Les employeurs réclament plus de facilités pour licencier ? le gouvernement leur écrit des lois qui vont dans ce sens.
Les employeurs pleurent sur les difficultés de la compétition économique ? Le gouvernement leur verse des milliards de subventions avec le Crédit d’impôt Compétitivité Emploi.
Ça ne leur suffit toujours pas ? Qu'à cela ne tienne ! L’État annonce toujours plus d'économies pour chouchouter les « employeurs ».
Et pour financer ces aides, l’État, celui qui signe des Plans pour l'Insertion et l'Emploi, supprime aussi des emplois dans les hôpitaux, dans de nombreux autres services, et obligent les collectivités locales à en faire autant en leur coupant les crédits. Quelle hypocrisie !
Et quel est le résultat de tout cela ? Les patrons n'embauchent pas, ils continuent à supprimer des emplois. Les employeurs portent bien mal leur nom.