mardi 15 novembre 2016

Trump président : Wall Street reconnaît un des siens ( l'éditorial de nos bulletins d'entreprises du 14/11/2016)

Les élections américaines sont d’abord la défaite de Clinton et des Démocrates. Ici, on nous a répété que les États-Unis avaient résorbé le chômage. En réalité, la désindustrialisation et la paupérisation y font des ravages, depuis la crise de 2008 en particulier. Des millions de familles ont perdu leur logement et vivent parfois dans des mobil-homes. Malgré les statistiques, le chômage continue de sévir. Ceux qui trouvent du travail doivent cumuler des emplois précaires, à temps partiel, payés six ou sept euros de l’heure, pour tenter de joindre les deux bouts, souvent sans y parvenir.
En 2008, on nous expliquait qu’avec Obama le sort des Noirs allait changer, mettant fin aux discriminations héritées de l’esclavage et de la ségrégation. Aujourd'hui, ils doivent se mobiliser pour ne plus être tués par des policiers aux préjugés tenaces et à la gâchette facile.
L’Amérique fonctionne très bien pour ses riches, mais pas pour ses classes populaires. Clinton était la candidate du statu quo. C’est une amie des riches et des banquiers depuis toujours, et c’est notamment pour cela qu’elle a été rejetée par une partie de sa propre base.
Trump n’est élu que par un quart de l’électorat, avec 600 000 voix de moins que la perdante, en vertu du système électoral aux États-Unis. Et on nous présente ce pays comme une grande démocratie !
Au-delà de la droite conservatrice voire bigote, Trump a rallié une partie des travailleurs en colère. Ils ont donc voté contre leurs intérêts. Ce capitaliste cupide et sans scrupules a gagné ses milliards sur la sueur de ses milliers de salariés. En votant pour lui, certains ont pensé rejeter le système. Trump était certes extérieur au système politique américain. Mais pas au système capitaliste, bien au contraire ! Autrement dit, il représentait une fausse alternance.
Cette élection n’a rien d’un séisme. Comme tous les démagogues, ce que Trump fera au pouvoir n’aura que peu à voir avec ce qu’il a dit en campagne. Il n’est pas encore à la Maison Blanche qu’il change déjà de discours.
Il a promis de doubler la croissance, de créer 25 millions d’emplois en dix ans, de réparer les infrastructures délabrées, de construire des hôpitaux… tout en baissant les impôts. Quels mensonges ! Comme tous les politiciens, Trump fera la politique qu’exige la grande bourgeoisie américaine. Il promet de faire revenir les emplois délocalisés en Chine ou au Mexique. Mais Ford n’a nulle intention de déménager ses usines du Mexique vers le Michigan, ni Apple de faire fabriquer dans l’Ohio les iPhone qu’elle produit en Chine ! En reprenant ses affaires comme à l’ordinaire, Wall Street a d’ailleurs reconnu en Trump l’un des siens.
En France, tous les politiciens tirent de l’élection américaine les conclusions qui les arrangent. Si la victoire de Trump a déçu les dirigeants de la droite, du PS, et les grands médias, c’est parce qu’ils avaient une solidarité de classe avec la favorite du grand capital. Hollande, Valls et le PS crient à la catastrophe afin d’effaroucher l’électorat de gauche et de rassembler derrière eux ; il faut vraiment qu’ils soient à court d’arguments !
Le Pen, qui dénonce régulièrement les banquiers et les élites, a salué la victoire du patron de combat, du multimilliardaire qui ne paye pas d’impôts. Comme lui, Le Pen est une héritière, une bourgeoise réactionnaire, qui ne parle du peuple que pour être élue.
Trump est un démagogue misogyne et raciste. Il veut nommer des juges qui remettront en cause le droit à l’avortement. Il veut expulser des millions d’immigrés. Sa victoire peut renforcer les divisions parmi les travailleurs. Ceux-ci, les Noirs, les immigrés et les femmes en particulier, vont-ils être attaqués dans les mois et les années à venir ? Assurément, et ce n’est pas nouveau ! Le locataire de la Maison Blanche n’a jamais été de leur côté. En même temps, le camp des travailleurs n’était pas représenté dans cette élection. La défaite de Clinton n’est pas celle du monde du travail. Celui-ci devra se faire entendre sur son propre terrain, celui de la lutte de classe. 
Par le passé, les travailleurs des États-Unis se sont battus avec force, sous des présidents aussi réactionnaires que Johnson et Nixon à l’époque de la révolte des Noirs et de la guerre du Vietnam, ou que Reagan dans les années 1980. Alors, aujourd'hui comme hier, aux États-Unis comme en France, comptons sur les luttes collectives des travailleurs pour résister à l’offensive du capital.

lundi 14 novembre 2016

Trump l'emporte sur Clinton : un cirque électoral où le capital gagne à tous les coups (Lutte Ouvrière n°2519)

La victoire de Trump aux élections américaines a déjoué la plupart des pronostics. En France bien des journalistes et des politiciens cachent mal leur dépit de voir un candidat ayant fait une campagne aussi démagogique parvenir à l'emporter.(cliquez pour la suite)

mardi 25 octobre 2016

Concours de démagogie autour des migrants de Calais (éditorial de nos bulletins d'enttreprises)

Le démantèlement de la « jungle » de Calais est présenté par le gouvernement comme une « opération humanitaire ». Certes, la vie de ces milliers de migrants dans un tel bidonville, dans le froid, la boue, les rats, est inhumaine. Et peut-être une partie des réfugiés répartis dans différents centres à travers le pays y trouveront-ils un peu du répit et de l’espoir qu’ils recherchaient en fuyant leur pays, souvent au péril de leur vie. Encore faut-il qu’ils y aillent volontairement. Heureusement, malgré l’agitation xénophobe de nombreux politiciens, dans de nombreuses communes, des associations et les habitants eux-mêmes accueillent les réfugiés avec cette humanité qui fait défaut aux notables à la tête des partis de gouvernement.
Car, dans cette affaire, le premier souci du gouvernement n’est pas d’aider les migrants, mais de les éloigner de la Manche. Depuis près de 20 ans, des migrants se pressent vers ce littoral, pour rejoindre l’Angleterre où ils ont de la famille ou dont ils parlent la langue. En vertu d’un de ces accords sordides dont les grandes puissances ont le secret, la France gère la frontière britannique, moyennant finances. Elle a disposé des centaines de gendarmes, dressé des dizaines de kilomètres de barbelés et elle construit un nouveau mur. Et comme de nouvelles « jungles » vont se reformer dans les semaines à venir, police et gendarmerie se préparent à les démanteler immédiatement. On a connu opération plus « humanitaire » !
L’existence même de la « jungle » résulte de la politique du gouvernement, qui n’a pas voulu accueillir ces migrants dignement. Quand Grande-Synthe, près de Dunkerque, s’est retrouvée avec un bidonville, le maire a construit un camp d’accueil digne de ce nom, avec l’aide de Médecins sans frontières ; le gouvernement, opposé au projet, n’a pas versé un centime. Cela souligne l’hypocrisie qui consiste à baptiser « humanitaire » l’éloignement forcé de migrants par la police.
L’attitude de la droite et du FN, qui s’opposent à l’arrivée des migrants dans les communes ou dans les régions qu’ils dirigent, est encore pire, s’il est possible. En concurrence électorale, ils multiplient les promesses démagogiques, contre le regroupement familial ou l’aide médicale aux sans-papiers, pour une politique toujours plus dure envers les étrangers.
Ces gens-là voudraient-ils qu’on rejette à la mer les réfugiés qui franchissent la Méditerranée ? Qu’on renvoie les Soudanais ou les Érythréens sous la férule de leur dictateur, les Syriens ou les Irakiens sous les bombes ? Qu’on érige un mur autour de l’Hexagone ou de l’espace Schengen ?
Gauche et droite expliquent que la France ne peut plus accueillir de migrants. 1,3 million d’entre eux auraient gagné l’Europe en 2015. Mais l’Union européenne compte 510 millions d’habitants ! Et il est mensonger de dire que la France, un des pays les plus riches au monde, ne peut accueillir quelques dizaines de milliers de réfugiés. Par le passé, du million de pieds-noirs après la guerre d’Algérie aux 120 000 boat-people vietnamiens et cambodgiens en 1979, des arrivées massives n’ont pas posé de problème réel.
Les politiciens expliquent qu’il n’y a pas assez d’emplois ou de logements pour accueillir les réfugiés. Ils voudraient opposer les pauvres d’ici aux pauvres d’ailleurs. Mais c’est une fausse opposition, visant à masquer la division de la société entre les travailleurs et les capitalistes. Les migrants sont-ils responsables des six millions de chômeurs ? Non, bien sûr. Et la droite prévoit-elle de créer des emplois ? Non, elle promet d’en supprimer, en taillant à la hache dans les services publics ! Si elle revient au pouvoir, la vie des immigrés sera peut-être plus dure, mais ce sont en fait tous les travailleurs qui seront attaqués !
Sarkozy explique sans craindre le ridicule que nos ancêtres sont les Gaulois. Mais la réalité est que la classe ouvrière française s’est construite avec des immigrés italiens et polonais, espagnols et portugais, maghrébins et africains, au fil des générations. Et les migrants de Calais seront demain des travailleurs d’Europe.
Bien sûr, à toutes les époques, des démagogues ont opposé les travailleurs français aux étrangers, pour le plus grand bonheur des bourgeois, qui savent « diviser pour mieux régner ». Quand on cible les plus démunis, on épargne les plus riches. Mais le mouvement ouvrier socialiste puis communiste a su, à chaque étape, accueillir, intégrer dans ses rangs les nouveaux-venus, et en faire des alliés, des camarades de combat. À nous d’en faire autant aujourd'hui.

vendredi 7 octobre 2016

35 élèves par classes au lycée de Bezons !

Des enseignants de lycée classés ZEP, ce qui est le cas de tous les lycées d'Argenteuil et Bezons, se préparent à faire grève mardi 11 octobre. Ils protestent contre la disparition annoncée par le ministère de l'éducation de leur classification Zone d'éducation prioritaire. Cette dernière garantissait aux enseignants une prime ainsi qu'une bonification au bout de plusieurs années de services et surtout, ce statut permettait aux lycées d'avoir plus de moyens, plus de surveillants, plus d'heures d'enseignement afin d'avoir moins d'élèves par classes.
Le gouvernement clame sur tout les toits qu'il fait de l'éducation sa priorité, mais ces déclarations sont du même ordre que les promesses de Hollande sur « l'inversion de la courbe du chômage ». Dans les faits, les établissements scolaires doivent faire face à une augmentation du nombre d'élèves sans moyens supplémentaires correspondants. Ainsi sur le lycée de Bezons, les classes de secondes accueillent 35 ou 36 élèves, ce qui est une réelle dégradation des conditions d'étude ! Plus d'élèves, plus de difficultés... le baratin du gouvernement ne masquera pas longtemps les problèmes.

lundi 26 septembre 2016

Les migrants, futurs prolétaires et frères des travailleurs d'Europe(notre éditorial des bulletins)

    Ce lundi, à Calais, Hollande s'est engagé à démanteler la « jungle ». Venu après Sarkozy, il était en campagne électorale et a joué la fermeté... contre les migrants. La façon dont les réfugiés sont parqués, sans même un centre d'accueil digne de ce nom, est honteuse. Après avoir souvent traversé la Méditerranée au péril de leur vie, ils la risquent pour franchir un tunnel. Pour les en empêcher, on a dressé des barbelés, on a inondé des terrains et on construit un mur. Et maintenant, le gouvernement veut les chasser. Mais aucun barbelé, aucun dispositif n'arrêtera ceux qui fuient la guerre, la dictature ou la faim : ils n'ont pas le choix. Si la « jungle » est détruite, elle se reconstituera à Calais ou ailleurs.(cliquez pour lire la suite)

samedi 24 septembre 2016

Meeting au Cirque d'Hiver Bouglione

à 20h30
Réunion publique de Nathalie Arthaud
au Cirque d'Hiver Bouglione.
110, rue Amelot Paris 11e
Métros Filles-du-Calvaire ou Oberkampf
Entrée gratuite

Retransmission en direct sur

le stand Lutte ouvriere pendant la foire de Bezons ce 18 septembre.

La foire a été l'occasion de rencontrer de nombreuses personnes pour discuter de la situation. Nous avons pu mesurer une fois de plus l’écœurement et le rejet de la politique de ce gouvernement.