lundi 24 avril 2017

Nathalie ARTHAUD : communiqué après le 1er tour 23/04/2017

  Déclaration de Nathalie Arthaud au soir du premier tour

Ainsi donc, le deuxième tour de cette élection présidentielle, celui qui est décisif pour désigner le président de la République, opposera Marine Le Pen et Emmanuel Macron. D’un côté, la figure de proue de l’extrême droite, héritière des idées racistes et xénophobes de son père et de toute une lignée qui remonte aux défenseurs de l’Algérie française, à l’OAS, voire bien au-delà, et, de l’autre, un serviteur émérite de la grande bourgeoisie, successivement dans la haute finance et dans la politique.
Marine Le Pen, cette bourgeoise, qui se pose en défenseure des pauvres et des orphelins pour gagner des voix du côté des classes populaires victimes de la crise, servirait sa classe de privilégiés aussi fidèlement que ses prédécesseurs à l’Elysée, mais de façon plus autoritaire encore. 
Elle a accédé au deuxième tour avec les votes votes d’une partie de l’électorat populaire. L’influence électorale du FN résulte des déceptions légitimes du monde du travail à l’égard des grands partis de gauche, PS et PC, qui ont prétendu gouverner dans son intérêt mais qui n’ont cessé de les fouler aux pieds. 
Le chauvinisme, la méfiance envers l’étranger que les grands partis de gauche ont substitués au fil du temps aux idées de lutte de classe et à l’internationalisme, recyclés de façon exacerbée par le FN, affaiblissent le monde du travail déjà aujourd’hui. Ils sèment des divisions mortelles entre Français et étrangers, entre travailleurs du privé et ceux du public, entre travailleurs en activité et chômeurs.
Je m’adresse aux électeurs du monde du travail tentés par cette forme ultime d’électoralisme qui consiste à voter pour le FN sous prétexte qu’il n’a jamais gouverné, pour leur dire : vous vous affaiblissez vous-mêmes en cherchant l’ennemi du côté de vos frères de classe d’autres origines. Cela dissimule vos véritables ennemis : ceux qui siègent dans les conseils d’administration des groupes industriels et financiers, qui vivent à Neuilly ou dans le 16e arrondissement de Paris et qui attaquent nos conditions d’existence. Mais, au deuxième tour, on n’en est même plus là. Voter pour Le Pen, cela peut contribuer à l’installer au pouvoir. C’est l’ensemble du monde du travail qui le paiera.
Un pouvoir dirigé par Marine Le Pen foulera aux pieds plus fortement encore que ses prédécesseurs les droits et les libertés élémentaires du monde ouvrier. Elle affirme déjà qu’elle s’en prendra aux catégories les plus vulnérables des travailleurs immigrés, puis mettra en cause leurs enfants même nés en France. Elle s’en prendra aux syndicats pas assez dociles, aux associations qui lui déplaisent, comme le font déjà, à leur échelle, les municipalités Front national.
Les travailleurs conscients doivent rejeter le vote pour Marine Le Pen !
Mais Macron, cet ancien banquier ministre, est tout aussi un ennemi de la classe ouvrière que Marine Le Pen. Malgré la brièveté de son passage au gouvernement, il a eu le temps d’en faire la preuve avec la loi qui porte son nom et qui étend le travail du dimanche et avec la loi El Khomri qu’il aurait voulu plus dure encore.
Au premier tour, il a été, avec Fillon, celui qui annonçait son intention de supprimer des postes dans les services publics, alors même que le chômage est déjà catastrophique et que les services publics, du système hospitalier à l’éducation, se dégradent faute de personnel et de moyens.
Emmanuel Macron se posera en rempart contre le FN. C’est un mensonge. Dévoué qu’il est aux intérêts des classes possédantes, il ne fera rien contre la colère qui monte dans les classes populaires et que détourne Marine Le Pen. Le FN ne pourra que se renforcer avec Macron comme président. 
Fillon ayant été éliminé, il appelle avec la plupart de ses comparses à voter pour Macron. Le PS, de son côté, s’aligne sur la droite.
Pour notre part, nous ne participerons à aucun front républicain réunissant des politiciens de la droite extrême filloniste avec le PS.
Pour ma part, je voterai blanc en donnant à mon vote le sens d’un rejet de Marine Le Pen sans cautionner Emmanuel Macron.
Je ne suis pas propriétaire des votes qui se sont portés sur mon nom au premier tour. Une partie de mes électeurs voteront comme moi, en votant blanc. D’autres voteront ou nul, en portant sur leur bulletin de vote une expression de leur protestation. D’autres s’abstiendront. Certains choisiront peut-être de voter en faveur de Macron en croyant, à tort, qu’ils s’opposent ainsi à la montée du FN.
L’essentiel est de prendre conscience que, quel que soit le résultat du vote, les exploités, les retraités, les chômeurs, auront un ennemi à l’Élysée. Ils ne pourront se défendre face au grand patronat qui, avec l’aide du gouvernement, s’en prendra de plus en plus violemment à leurs conditions d’existence, qu’en se retrouvant ensemble, demain, dans l’explosion sociale que la rapacité patronale finira par susciter. 
Je remercie de leur confiance celles et ceux qui m’ont apporté leur soutien et leurs suffrages et ont exprimé ainsi leur conscience d’appartenir au camp des travailleurs.
Ces électrices et électeurs constituent une minorité dans l’électorat. Mais ils ont contribué à ce que se manifeste, à l’occasion de cette présidentielle, le courant communiste. C’est-à-dire le courant du mouvement ouvrier qui se revendique de la continuité avec ce que les expériences des luttes du passé ont produit de meilleur, de plus accompli : les idées communistes. C’est-à-dire la détermination non seulement de défendre les intérêts quotidiens du monde du travail dans le cadre de l’organisation capitaliste de la société, mais, plus encore, d’œuvrer pour son renversement par l’action collective consciente des travailleurs.
Cette minorité entretient cette petite flamme qui représente plus d’espoir pour l’avenir de l’humanité que toutes les flambées électorales susceptibles d’allumer de faux espoirs avant de s’éteindre à l’épreuve de la réalité du pouvoir, c’est-à-dire de la dictature des grands groupes industriels et financiers sur la société.
Le camp des travailleurs, pèse peu dans les urnes. Il n’en sera pas de même lorsque le monde des exploités se mettra en mouvement pour défendre ses intérêts de classe. Toutes ces femmes et tous ces hommes pourront alors former autant de noyaux dans les entreprises, dans les quartiers populaires, autour desquels pourront se regrouper bien d’autres à la recherche d’idées et de mots d’ordre.
Nos idées ont porté bien au-delà de ce qui ressort des résultats dans les urnes. L’illusion du « vote utile » étouffe la prise de conscience naissante. Mais la vérité finira par se frayer un chemin pour cette raison fondamentale que les idées de lutte de classe sont le reflet de la réalité sociale. Et cette réalité, la crise économique, et la menace de son aggravation par un nouveau krach financier pousseront inévitablement le grand patronat à mener une guerre de plus en plus violente contre les exploités. Quel que soit le président, la classe capitaliste continuera à réduire encore les salaires, à rendre le travail toujours plus flexible, à aggraver le chômage et la précarité. 
Au-delà de la défense de ses conditions d’existence, s’impose la nécessité pour la classe ouvrière de renouer avec son combat séculaire pour mettre fin au capitalisme qui, dans sa décadence, fait reculer la civilisation humaine. Par les guerres qu’il multiplie et le terrorisme qu’il suscite, il pousse l’humanité vers la catastrophe.
Les idées que nous avons semées aujourd’hui trouveront leur signification lorsque le monde ouvrier se mettra en mouvement pour refuser l’insupportable.

vendredi 21 avril 2017

Voeu Contre les expulsions locatives

Vœu présenté par Lutte ouvrière contre les expulsions locative qui a été adopté par le conseil municipal, moins les voix de la droite et du centre.
 
La trêve hivernale, qui empêchait les expulsions de leur logement, des locataires menacés de l'être, vient de se terminer, il y a quelques jours. Des associations, des syndicats ont manifesté, samedi 1er avril, pour protester contre cela.
A Bezons, comme dans la plupart des communes populaires, des familles sont menacées par ces expulsions. C'est une des conséquences de la crise du logement.
D'après le dernier rapport de la fondation Abbé-Pierre, dans le pays, près de 12 millions de personnes ont des salaires insuffisants pour se loger correctement, pour payer le minimum de chauffage ou la taxe d’habitation, condamnées à vivre dans des logements trop petits ou dégradés, se retrouvant sous la menace d’une expulsion. En plus, Il faut ajouter de l’ordre de 4 millions de personnes sans abri, mal logées ou sans logement personnel. Selon la fondation : au total, plus de 15 millions de personnes seraient victimes de la crise du logement, soit une bonne partie des classes populaires.
Pour faire face à ce problème, qui dépasse largement notre ville, et bien sûr, les possibilités de notre ville : il faudrait des mesures radicales.
La construction de logements doit devenir une priorité dans les dépenses de l’État. Il faudrait au moins un million de nouveaux logements par an, sans compter ceux qui devraient être réhabilités chaque année. Et à ce titre, il est insupportable de savoir qu'il y a des travailleurs du bâtiment au chômage, au regard des besoins de logements à construire.
Mais en attendant, parce que se loger devrait être, comme se soigner, un droit élémentaire et pour répondre à l’urgence de la situation, il faut commencer par interdire les expulsions, mettre en place un moratoire sur les dettes des locataires et des petits propriétaires étranglés par les traites.
Le conseil municipal de Bezons, comme celui de biens d'autres communes qui l'ont déjà fait, soucieux de s'associer à tous ceux qui se battent sur cette question du logement, décrète qu'il n'est pas possible, sur le territoire de la commune, d'expulser quelqu'un de son logement sans solution de relogement.

Considérant que se loger, comme se soigner est un droit élémentaire.
Considérant que la situation catastrophique provoquée par la pénurie de logements décents dans le pays nécessite des mesures d'urgences pour éviter que personne ne soient condamnés à vivre dans la rue.
Le conseil municipal décide de prolonger la« trêve hivernale » en décrétant que les expulsions locatives sont interdites jusqu'à nouvel ordre sur le territoire de la commune de Bezons et proposera aux communes de l'agglomération des boucles de seine d'imiter cette décision..

Sur le budget pour l'année 2017

Le manque de personnel pose de gros problèmes dans de trop nombreux services. Ici parce que les effectifs ont été diminués, ailleurs, le personnel absent n'est pas remplacé et il manque. Et puis les besoins de la population en matière de garde d'enfant ou de place en centre de loisir sont importants. Ils vont augmenter encore, non seulement la population de la ville augmente, mais ceux qui arrivent sont plutôt des jeunes actifs avec des enfants. Le budget ne permet pas de faire face à tous ces besoins.
Certes le gouvernement qui réduit sa contribution au budget des communes, pour mieux aider les entreprises est le premier responsable. Mais ce n’est pas une raison suffisante, c’est pourquoi j’ai voté contre.

Sur la délégation de service public du marché couvert :

J'ai voté contre. La municipalité considère que la ville ne dispose pas de personnel en nombre suffisant avec les compétences nécessaires pour gérer elle- même, le marché « le temps des cerises ». Bref, en le confiant au privé, ce serait, parait-il, mieux fait pour moins cher.
Mais l'ancien exploitant du marché couvert a réussi à trouver des avocats et des arguments juridiques pour convaincre des juges de condamner la ville à lui payer 1,5 millions d'euros. 1,5 millions, c'est 50 fois plus que les 30 000 euros de salaire de l'employée du COS prêté par la ville. On est en droit de se demander si la ville n'en aurait pas eu pour moins cher à faire le travail en gestion directe.
La décision de justice est en appel mais en attendant, la ville est tout de même obligé de mettre de côté plusieurs centaines de millier d'euros au cas où.

Motion sur la Poste

Le conseil municipal a adopté une motion pour le retour d’un service postal de qualité à Bezons et la réouverture du bureau du Colombier dont voici quelques extraits :

« La poste du Colombier et son distributeur automatique de billets de banque ont été fermés arbitrairement, et contre l’avis du Sous-Préfet, en août 2015. Ce bureau, était pourtant financé pour partie par des subventions au titre de la politique de la ville.
La poste du Grand Cerf, autoritairement fermée aussi fin 2015, a pu rouvrir les après-midi uniquement après une imposante mobilisation des habitants à l’initiative de l’Association
Bezons la Gauche Pour Tous.
Dans le même temps, La Poste centrale, dont les effectifs ont été encore diminués pour être remplacés par des automates, connaît une nouvelle réduction de ses heures d’ouverture au public.
Aujourd’hui les usagers sont aussi confrontés à des fermetures intempestives. Ainsi, depuis le 1er janvier, ces deux bureaux cumulent déjà 18 jours de fermetures inopportunes pour pannes informatiques ou non remplacement d’agents absents. (Le nombre de postier au guichet est passé de 16 à 7 en quelques années). »

Comment la Poste peut-elle invoquer et justifier le non-remplacement des agents malades alors qu’en 2016, son chiffre d’affaire atteint 23 milliards d’euros et engrange un bénéfice net de 849 millions d’euros, soit une hausse de près de 34% sur 2015 ! Dans le même temps elle a perçu 318 millions d’euros de crédits d’impôts au titre du CICE en 2015 mais fait le choix de supprimer 7600 emplois ».
Sur Bezons, le nombre de tournée des facteurs est passé de 23 à 19. Les relevés de courrier dans les boîtes aux lettres de la Poste, dont deux n’ont toujours pas été réinstallées, ne sont plus effectués après 13h.
Les facteurs « volants » pour les remplacements ont été supprimés. Les facteurs titulaires n’ont plus de secteurs attitrés. La distribution J+1 n’existe quasiment plus. Recommandés et colis sont de moins en moins remis en direct, l’usager devant aller le récupérer en bureau, allongeant ainsi les queues et le temps d’attente.
Cette situation est devenue totalement inacceptable. Parce que c’est le lieu même du service public, de proximité à la personne, de lien social, la Poste se doit d’offrir aux usagers des prestations de la plus grande qualité ».
Bref, La Poste une entreprise comme les autres, qui n'a pas pour objectif de servir mais d'enrichir les actionnaires.

Motion pour que la France reconnaisse enfin l’État de Palestine

présentée par le groupe Alternative citoyenne, Groupe des élus communistes, Front de gauche et citoyens

Je partage évidemment le souci d'une partie de la population de la ville d'exprimer son soutien et sa solidarité avec le peuple palestinien confronté depuis trop longtemps à l'oppression d'un état colonisateur.
Mais une grande partie de cette motion, est l'exact « copier- coller » d'un article publié sur le site « diplomatie.gouv.fr ».
Je suis bien sûr pour la reconnaissance de l’État Palestinien, mais je ne voulais pas cautionner la politique du gouvernement Français qui ne fait que des ronds de jambe dans ce sens, c’est pourquoi je me suis abstenu.